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1. La "lettre" 2. L'intervention le jour de l'ouverture du congrès 1. La "lettre" Chers camarades, chers amis, Très sensible à notre commun attachement aux idéaux de fraternité, de solidarité, de justice et d’équité qui fondent et structurent votre démarche politique, je vous prie de transmettre à tous nos camarades, amis, alliés et compagnons, les vœux que je forme pour le plein succès du Congrès de l’Union des Forces de Progrès dont je me considère comme un membre à part entière. Plus de trente années de camaraderie militante, de compagnonnage à toute épreuve, d’une amitié fraternelle et véridique, m’autorisent à témoigner de la justesse de votre orientation politique, basée sur la recherche de la vérité dans les faits, la prise en compte de nos réalités propres, le souci de faire progresser la cause du peuple mauritanien, en liaison intime avec celle des peuples du monde, par des moyens pacifiques, civils et civilisés, par la confrontation des idées et des expériences, les vôtres, les nôtres, comme celles observées et analysées à travers le monde devenu multipolaire, malgré les tendances et tentations hégémoniques de quelques superpuissances mondiales et/ou régionales. Vous aurez tôt compris que l’aventurisme et l’impatience petite bourgeoise, débouchent sur des attitudes putschistes, au service des partisans de la lutte des places, là où il s’agit d’amener nos peuples, à comprendre leur environnement, afin d’agir de façon consciente et conséquente, avec pédagogie et retenue, par le dialogue et les concessions mutuelles, pas à pas, avec esprit de suite. Une telle démarche de vérité et de lucidité peut ne pas être comprise sur le moment cependant, tous ceux qui sont honnêtes, ne manqueront de reconnaître votre courage et de vous rejoindre, sur le chemin de la raison et de la pédagogie du réel. Une telle démarche peut être décriée et combattue par tous ceux, qui, au pouvoir, comme dans l’opposition, n’ont en vue et pour souci que leurs intérêts étroits et immédiats. La recherche de solutions consensuelles, sur une base principielle inexpugnable et pacifiquement, demeure l’unique gage de compromis durable, face à des populations diverses, à des cultures plurielles, à des sociétés pluralistes et à des États vulnérables, cédant volontiers, à la tentation de l’autoritarisme, parce que, somme toute, fragiles. Vos détracteurs, c’est-à-dire les fossoyeurs de l’unité dans la diversité et le respect mutuel, ceux qui sont contre le co-développement et l’ouverture maîtrisée, les échanges sur un pied d’égalité et sur la base d’avantages mutuellement bénéfiques, la coopération dans la dignité et l’équilibre entre Nations, nos détracteurs, dis-je ont dû se rendre compte, de la pertinence lucide de ces positions de sagesse et de transparence. Aujourd’hui comme hier, les extrêmes, et partant, les extrémistes, ont montré leurs limites. Nous sommes pour la révolution, mais l’heure n’est pas à la Révolution. Nos sociétés ont besoin de procéder à des évolutions maîtrisées. C’est comme cela que nous nous engagerons désormais, dans les différentes révolutions qui bouleversent le monde, ses rapports sociaux de production et la modernisation de nos modes de pensées et de nos moyens d’actions. Nous sommes pour la révolution. De ce point de vue, nous sommes considérés et nous nous considérons comme des révolutionnaires. Seulement, des révolutionnaires ne complotent pas. Des révolutionnaires n’intriguent pas. Ils procèdent, comme nous l’avons appris des précurseurs, à l’analyse concrète, de situations concrètes, qui adaptent stratégie et tactique, aux conditions et circonstances de la période ou de l’époque, en les subordonnant aux intérêts et objectifs généraux des masses populaires. Constance, dévouement, détermination, mais aussi éthique politique, tel est votre credo, notre credo. Haro sur les privilèges et les compromissions, tout pour le peuple et par le peuple. Vous avez également compris, qu’en toute circonstance, il faut s’efforcer d’être juste, y compris vis-à-vis de ses adversaires. Ce n’est qu’ainsi que l’on peut arriver à construire patiemment, mais sûrement, un rapport de forces favorable au peuple Là où les conditions d’une insurrection populaire victorieuse ne sont pas réunies, il est hasardeux et pour le moins aventureux, de leur substituer un coup de force, de quelque obédience et de quelque inspiration qu’il soit. Nous avons suffisamment appris de nos erreurs passées et de celles des autres, pour espérer en éviter le retour, car, il s’agit de « guérir la maladie pour sauver l’homme ». L’histoire ancienne et récente et les diverses expériences de nos peuples en attestent, le putschisme et l’aventurisme ne profitent, en général, qu’aux putschistes et aux aventuriers. Pas aux peuples ni aux larges masses populaires. Unité et lutte, dialogue et progrès. Demeurer attentif et ouvert à l’autre et aux autres, tout en restant soi-même, négocier quand la situation l’exige, sans perdre son âme ou son identité, ni marchander ses principes et ses valeurs cardinales : voilà en résumé, l’esprit et la lettre de votre engagement politique, que même, vos contempteurs ont été obligés de reconnaître. Ces qualités d’hommes et de femmes de bien, vous les incarnez au plus haut point. Comme toujours, nous avons fait notre refrain, cette sentence partagée : « Si seule la vérité est révolutionnaire, alors, il faut la dire, quelqu’en soit le prix, quitte à aller à contre-courant …erroné, tant il est vrai que seuls les peuples et leur vérité sont éternels ». Je m’adresse, je le sais à des femmes et à des hommes de bonne volonté, de foi, de bonne foi, de forte conviction, de grande probité et de droiture morales, intellectuelles et politiques, d’une détermination sans faille, mais aussi de grande sollicitude envers le peuple. Les femmes et les hommes du peuple et les amis du peuple. Qu’Allah, le Tout-Puissant, nous assiste, nous fortifie, dans la voie de la Vérité et de la Rectitude, celle du Sirat-Al-Mustaqimâ. Bon Congrès, camarades, amis, compagnons, sœurs et frères de l’Union des Forces de Progrès de Mauritanie. Ne l’oublions pas, l’avenir est radieux, mais la voie est sinueuse et parsemée d’embûches. Je le sais, vous le savez, nous savons lutter et vaincre. En toute patience et avec le peuple. En avant pour des victoires encore plus éclatantes des forces de progrès, partout dans le monde ! Votre camarade et compagnon pour l’Éternité et au-delà Babacar Touré |
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