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Landing Savané Camarades et amis, frères et sœurs, malgré un programme extrêmement chargé, et des conditions très difficiles, car j’étais en début de semaine au maggal de touba, j’ai tenu à être présent, en personne, à ce congrès de l’Union des Forces de Progrès. Ce n’est pas une décision prise par hasard, c’était une exigence qui résulte d’une longue amitié avec les forces qui ont créé l’UFP; car, depuis plus de 35 ans, des militants de ce courant politique ont travaillé aux côtés de nos camarades au Sénégal pour ouvrir ensemble les voies d’une révolution républicaine dans nos pays. Aujourd’hui, nous rencontrons certes de nombreuses difficultés encore, mais nul ne peut nier qu’un chemin significatif a été parcouru, que ce soit au Sénégal naturellement, mais aussi en Mauritanie. Nous voulons saluer le nouvel esprit qui émerge et qui est essentiel à l’approfondissement de l’évolution politique, économique et sociale de nos pays, c’est à dire la culture de dialogue sans laquelle une démocratisation durable et profonde ne peut pas se faire. Je suis un militant qui, dans les années 70, était connu comme un militant révolutionnaire. A l’époque, nous prônions, nous ne pouvons l’oublier, la lutte armée pour la conquête du pouvoir. 35 ans après, nous avons appris beaucoup de choses. Nous avons renoncé à cette voix pour prendre le pouvoir, nous avons misé résolument sur la lutte démocratique, sur le dialogue politique pour construire ensemble l’avenir de nos pays. Les expériences africaines nous ont fortement édifié et nous savons qu’on ne peut rien construire de solide si ce n’est dans un contexte de paix, de dialogue pour renforcer le système démocratique et aider les couches vulnérables de nos sociétés à sortir de la situation extrêmement difficile qu’ils connaissent encore aujourd’hui. Camarades de l’Ufp, And Jef parti africain pour la démocratie et le socialisme tient à adresser ses salutations chaleureuses au président Mohamed Ould Maouloud ainsi qu’à l’ensemble de la direction de l’Ufp. Ces camarades ont constamment privilégié les échanges d’expérience avec And jef/PADS. Nous avons critiqué nos expériences mutuelles, réfléchi ensemble, dégagé ensemble des alternatives, frayé ensemble une voie pour permettre aux populations de cette sous région de s’engager dans la voie du progrès économique et social, parce qu’en fin de compte, c’est cela être aujourd’hui un parti de gauche. C’est croire au progrès, c’est lutter pour ce progrès, c’est l’enraciner dans des pratiques démocratiques et en même temps comprendre que tout cela ne peut aboutir qu’à force de patience. Bien sûr les jeunesses de nos pays sont pressées de voir des changements se réaliser, bien sûr nous-mêmes avons rêvé de construire les nouveaux systèmes politiques qui vont permettre à nos pays de devenir rapidement des nations émergentes, au même titre que les tigres d’Asie, mais force est de reconnaître que la complexité de nos sociétés, leur vulnérabilité, la nécessité d’une approche réellement enracinée dans les réalités de nos pays, nous obligent à reconsidérer un certain nombre de nos préoccupations pour voir comment il est possible de façon réaliste, de façon lucide, de poursuivre la marche en avant. La Mauritanie et le Sénégal ont rencontré ces dernières années, en 89 en particulier, de grandes difficultés qui ont été évoquées dans le discours du président Mohamed Ould Maouloud. Grâce à Dieu nous avons tous compris que les difficultés sont inévitables au sein d’une même famille. Nous nous efforçons, et je voudrai sous ce rapport saluer l’action du président Taya. Nous nous efforçons, par le dialogue entre nos dirigeants politiques, Ould Taya et Abdoulaye Wade, par le dialogue entre les gouvernements, par le dialogue entre les partis politiques, les forces sociales, les éléments de la société civile, d’effacer progressivement les séquelles de cette crise et de reprendre ensemble le chemin de la coopération fraternelle et amicale dans l’intérêt des peuples de nos 2 pays. Voila un choix que nous avons soutenu et dans lequel nous sommes engagés corps et âme. Camarades de la république sœur de Mauritanie, je voudrai vous dire que la préoccupation d’And Jef en venant à ce congrès, n’est pas de parler en profondeur des problèmes politiques de la Mauritanie. Nous savons qu’il y en a, et le camarade Mohamed Ould Maouloud les a évoqués tantôt, notre préoccupation c’est de venir témoigner de la coopération sincère, fraternelle, durable, efficace que nos partis ont entretenu pendant des décennies. Notre propos, notre préoccupation, est de vous dire que nous restons des observateurs attentifs de tout ce qui se qui se passe en Mauritanie, que nous sommes engagés aux côtés des forces de progrès, des forces démocratiques dans tous les changements qui sont aujourd’hui indispensables pour faire progresser la société mauritanienne, et, sous ce rapport, nous nous réjouissons de constater que le président Taya reconnaît lui-même la nécessité d’approfondir le dialogue et nous vous invitons le uns et les autres à accepter la main tendue. Je me souviens, camarades, qu’au Sénégal, en 88, après les manifestations, les arrestations, le parti socialiste nous a invités à un dialogue, beaucoup de partis sont allés à ce dialogue; And Jef avait boycotté le dialogue à l’époque, aujourd’hui nous reconnaissons que nous nous sommes trompés en boycottant ce dialogue. Parce c’est ce dialogue qui a permis ensuite de mettre en place un code électoral consensuel, d’organiser ensuite des élections en 93, sur lesquelles, pour la première fois, il y avait peu de choses à dire, et c’est depuis ce dialogue de 88 que des partis d’opposition ont commencé à travailler avec le régime du parti socialiste et que progressivement, un climat de confiance relatif s’est créé pour permettre l’organisation en l’an 2000, d’élections transparentes, d’élections justes qui ont permis de réaliser l’alternance politique au Sénégal pour la première fois. Il était nécessaire de rappeler ces expériences du Sénégal, il est nécessaire de rappeler aujourd’hui que dans le camp de l’alternance tout n’est pas rose, le président Abdoulaye Wade, le président de la république installé en mars 2000, a rencontré effectivement de nombreuses difficultés et les forces de l’alternance se sont divisées, certaines sont allées dans l’opposition, la Ldmpt a été sortie du gouvernement récemment, mais ces difficultés, quand au fond, sont prévisibles, ces difficultés, ne doivent pas nous détourner de l’objectif majeur qui est le nôtre. An dépit des différences, en dépit des contradictions qui existent dans notre société, nous avons réussi à instaurer au Sénégal un climat de dialogue, un climat de concertation, dans lequel chaque parti respecte les préoccupations de l’autre et ses avis sur les différentes questions et à partir de cela les sénégalais, parce qu’il ne s’agit pas de faire une politique politicienne comme nous disons au Sénégal. Je ne voudrais pas prendre plus de temps, je voulais juste prononcer ces quelques paroles de salutations fraternelles. |
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