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| Le 2e congrès de l'UFP consolide la logique du dialogue
L'Union des Forces du Progrès (UFP) a tenu, du 31 mars au 3 avril, à la nouvelle maison des jeunes, son deuxième congrès ordinaire. L'événement a été célébré en grande pompe et a attiré toute la classe politique nationale et certaines personnalités politiques des pays voisins. Ce congrès a été incontestablement celui de la consécration de la politique du dialogue et du compromis national prônée par les amis de Ould Mouloud depuis leur divorce d'avec Ahmed Ould Daddah en 1998 et saluée aujourd'hui par tous les acteurs de la scène politique. Sur le plan strictement interne, le congrès a supprimé le poste de secrétaire général. Mohamed Moustapha Ould Bedreddine, qui occupait ce poste, est promu deuxième vice-président du parti. Nouvelle maison des jeunes, jeudi 31 mars. Des banderoles accrochées à l'entrée du bâtiment annoncent la tenue du deuxième congrès ordinaire de l'UFP. Les haut parleurs desservent une musique "révolutionnaire" composée à la gloire du parti. La commission d'organisation du congrès, présidée par le très discret et efficace Daffa Bakary, a veillé au grain et n'a rien voulu laisser au hasard, tant et si bien qu'au moment du démarrage des travaux du congrès, tout était mis en place pour la réussite de l'événement. Les dirigeants du parti, réputés très austères, portaient des tenues belles et flambant neufs. La forte mobilisation des militants, qui avaient pris d'assaut les lieux, donnait à l'événement une autre dimension. Aux alentours de 18h30 mri, c'était l'ouverture solennelle du congrès. Le président du parti, Mohamed Ould Mouloud, est appelé au micro pour lire son rapport moral, une analyse détaillée de la situation internationale, régionale et nationale. Au plan international, Ould Mouloud a expliqué que la situation dans le monde est marquée par le phénomène de la mondialisation, l'affirmation de la domination unique de l'hyper puissance américaine, de l'ultralibéralisme et de la pensée unique. A côté de cela, il a signalé l'émergence de nouveaux pôles de développement (les tigres et les dragons d'Asie, l'Europe et surtout la Chine) qui peuvent à court ou à moyen terme constituer un contre poids à la domination américaine. En Afrique et dans le monde arabe, la situation est marquée, selon le président de l'UFP, par la persistance des crises de tous ordres et par l'aspiration des peuples au changement. En Mauritanie, Ould Mouloud a estimé que la situation est instable et est ouverte à tous les dangers. Seul et unique remède préconisé: le dialogue entre les différents acteurs de la scène politique. A ce propos, le président de l'UFP souligne avec satisfaction les nouvelles dispositions au dialogue dans le camp de l'opposition et au sein de la majorité présidentielle. Il faut dire que le congrès de l'UFP, qui n'a presque rien changé dans les statuts, a été l'occasion pour la direction du parti de savourer sa victoire, celle d'avoir attiré toute la classe politique pour leur fameuse option du dialogue comme solution aux problèmes du pays.
Servir la politique du dialogue
Le deuxième congrès de l'UFP a certes adopté une résolution qui appelle à la nécessité d'ouvrir un dialogue national mais, paradoxalement, ce thème n'a presque pas été débattu par les congressistes. Pourtant si on observe de près le déroulement du congrès, on se rend compte que les cérémonies publiques d'ouverture et de clôture servaient uniquement la cause du dialogue, très chère à l'UFP. Au niveau des invités nationaux, l'UFP a réussi à rassembler tout le monde: opposition et pouvoir. Tous les partis de l'opposition, à l'exception de l'APP, étaient représentés par leurs présidents à la cérémonie d'ouverture du congrès. Les partis de la majorité présidentielle y étaient eux également représentés. Mais ce qui est nouveau est que le PRDS, le parti du président, s'est fait représenter par une délégation conduite par un membre du gouvernement: Boutrigha Mint Kaber, qui a, en plus, pris la parole devant les congressistes. Le niveau élevé de représentation du parti-État a été bien apprécié. Mais le coup de maître de la direction de l'UFP était surtout la présence à ce congrès d'invités étrangers (Landing Savane, président de AND-Jef et ministre d'État du gouvernement Wade; Saïdou Sy Sali, ancien ministre du Sénégal et vice président du parti LD MPT; Dabou Sanoussi, représentant le RPG de Guinée, le parti de l'opposant Alpha Kondé; Babacar Touré, président du groupe de presse sénégalais Sud Communication) qui ont servi "d'instruments pédagogiques" pour inculquer la culture du dialogue à une classe politique mauritanienne encore à l'état d'apprentissage. Le premier invité qui est intervenu était le ministre Landing Savane. Ami de 40 ans des dirigeants de l'UFP, cet ancien communiste qui a renoncé à la révolution comme mode d'accès au pouvoir, a fait les louanges du dialogue et du compromis national pour asseoir la démocratie dans les pays comme la Mauritanie. A ce propos, il a parlé de l'expérience du Sénégal en déclarant qu'il avait fait l'erreur en 1989 de refuser le dialogue avec le gouvernement, ce dialogue qui a été accepté par les autres partis de l'opposition sénégalaise et qui a abouti, en 2000, à l'alternance. Même son de cloche chez le ministre Saïdou Sy Sali qui vient de démissionner du gouvernement pour rejoindre l'opposition et qui, malgré tout, appelle à la nécessité pour tous les acteurs politiques d'un pays de s'entendre sur le minimum vital. Autre intervenant, l'invité guinéen. Celui-là a dit que la situation de son pays ressemble exactement à ce qui se passe en Mauritanie et que son parti préconise depuis un certain temps le dialogue comme moyen de résoudre les problèmes de la Guinée. Quant à Babacar Touré, qui dit n'avoir jamais intervenu dans le congrès d'un parti et qui justifie sa présence par son attachement à des amis avec lesquelles il partage beaucoup de choses, il a expliqué que la révolution ne se fait plus par les armes, mais plutôt par le développement et la démocratie. C'étaient là les moments J'oj'b du deuxième congrès de l'UFP, celui de la consécration et de la reconnaissance de ce groupe de l'ex MND comme acteur actif de la scène mauritanienne, fréquentable et fréquentée par toute la classe politique. Il reste maintenant à savoir où les mènera cette première victoire. BEN ABDELLA
Après son Congrès, l'UFP rencontre la Presse
De nouveau, l'espoir
Au lendemain du second congrès du parti, tenu du 31 mars au 2 avril 2005 (il a été prolongé d'une journée), les dirigeants de l'UFP (union des forces du progrès) ont tenu un point de presse pour informer l'opinion à la fois sur les principales décisions prises à l'occasion de ce congrès et les nouvelles orientations du parti, mais aussi sur la rencontre des dirigeants de l'opposition avec le Premier ministre à propos du repos hebdomadaire. Le dialogue et le compromis ont été les maîtres mots de cette conférence. Placé sous le signe fort évocateur (par rapport à la politique de compromis poursuivie par le parti depuis quelques années) de "congrès de la consolidation et de l'espérance", le second congrès de l'UFP (le dernier avait eu lieu le 17 août 1998) a mis surtout l'accent sur la nécessité de poursuivre les initiatives de dialogue et de saisir toutes les opportunités pouvant permettre de décrisper la situation politique dans le pays, a dit en substance Mohamed Ould Maouloud, président de l'UFP qui animait la conférence avec Lô Gourmo, membre du directoire du parti et président du second congrès. Aussi, les congressistes entendent-ils poursuivre la politique du dialogue initiée il y a quelques années, et optent-ils pour une plus grande représentativité des femmes et des jeunes au sein des instances dirigeantes de la formation. Par ailleurs, constate Ould Maouloud, après la situation de blocage qui a succédé à l'espoir né au lendemain du procès des putschistes de juin 2003 et consorts, une nouvelle lueur d'espoir se profile à travers une certaine activité politique sur le terrain. Il cite l'initiative du président du RDU en faveur d'un dialogue entre les différentes formations politiques de l'opposition et de la mouvance présidentielle, tout comme il évoque la toute récente rencontre entre les leaders politiques et le Premier ministre à propos du repos hebdomadaire. Le président de l'UFP voit dans cette dernière démarche du pouvoir un signe positif qui "contribue à réhabiliter l'opposition". Le repos hebdomadaire tel qu'institué depuis 1983 coûte à l'Etat mauritanien 17 milliards d'ouguiyas par an, selon le président de l'UFP qui cite le Premier ministre qui aurait diligente une étude dans ce sens. Le président de l'UFP dit comprendre que certains leaders politiques soient frustrés par le fait d'être convoqués par le Premier ministre pour une affaire se rapportant au repos hebdomadaire, tant des choses plus importantes demeurent en suspens. Mais, ajoute t-il, "de notre part, nous avons voulu voir en cette rencontre son côté positif qui a consisté à consulter les partis politiques sur une décision qui concerne le peuple mauritanien". A la question de savoir s'il trouve positive, en tant que simple citoyen, la décision de déplacer le week end, le président de l'UFP répond qu'il ne maîtrise pas les paramètres de l'affaire dans la mesure où aucune étude n'a été menée par sa formation dans ce sens. Toujours est-il que d'après "mes informations, rien ne s'oppose, sur le plan religieux, à prendre cette décision. Nous avons demandé, dit -il, au PM de soumettre la question au débat afin d'éviter toute décision hâtive". Reste que cette décision risque d'ajouter aux divergences de l'opposition elle -même. Si l'UFP salue l'initiative, les autres formations voient en cette démarche du pouvoir une manœuvre qui vise à lui faire cautionner une décision entérinée à l'avance et qui n'a pas l'aval de l'opinion publique nationale. C'est le cas du député RFD Mohamed Ould Lemmat, tout comme Messaoud Ould Boulkheïr qui souligne qu'une telle décision relève des prérogatives exclusives du pouvoir. Quoi qu'il en soit, cette initiative si elle peut être envisagée comme un signal d'apaisement du pouvoir envers l'opposition, elle demeure très timide au regard des innombrables divergences qui divisent les deux protagonistes. COMPTE RENDU BA ADAMA MOUSSA |
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