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| IIe Congrès ordinaire de l'UFP : Tant qu'il y aura de l'espoir.
Tenu sous le thème de la " consolidation et de l'espérance ", à la nouvelle maison des jeunes, le deuxième congrès ordinaire de l'UFP (Union des Forces du Progrès), organisé du 31 mars au 2 avril 2005, a connu une forte participation et de la classe politique et de la société civile tant nationales que sous-régionales. Côté formations politiques nationales et société civile, on notera que le niveau de représentativité des partis était à la mesure de l'événement dénotant ainsi de l'importance de l'UFP sur la scène politique. Ainsi de fortes délégations étaient venues de partout à commencer par le PRDS (une première) qui était représenté par Mme Betrigha Mint Kaber (Secrétaire d'Etat aux Nouvelles Technologies) et Mohamed Kaber Ould Hamoudy (directeur de la communication au PRDS), le RDU dont le président Ahmed Ould Sidi Baba était venu à la tête d'une forte délégation comprend N'Game Lirvane, Mohamed Said Ould Hamody, Isselmou Ould Abdel Kader), le Front Populaire (Chbih Ould Cheikh Malaïnine et Cheikh Ould M'Haimed), le RFD (Ahmed Ould Daddah, Ould Ematt, Nana Mint Cheikhna), l'APP (Ladji Traoré et El Khalil Ould Teyib), le PCD non reconnu (Cheikh Ould Horma, Jemil Mansour, Mokhtar Ould Mohamed Moussa), pour ne citer que ceux-là. Mais il y a eu une absence qui n'est pas passée inaperçue à savoir celle de Messaoud Ould Boulkheir. D'aucuns pensent que c'est un "khlass amgharedh" du fait que le Président de l'UFP Mohamed Ould Maouioud et son Secrétaire général Moustapha Ould Bedreddine avaient brillé par leur absence lors du dernier congrès de l'APP au cours duquel Messaoud Ould Boulkheir a été porté à la tête du parti. Mais également, susurre-t-on en aparté, parce que lui et eux ne sentent pas le même parfum. Plusieurs personnalités de la société civile, directeurs de journaux compris et de la Majorité présidentielle seront également aux premières loges de ce congrès, tels Ahmed ould Hamza, Abdellahi Ould Keb, Cheikh Saad Bouh Camara, Ely Ould Allaf, etc...
Tant qu'il y aura de l'espoir
Côté invités de la sous-région, l'UFP aura fait un rappel des troupes du MND, déplaçant ainsi des amis de vieille date, devenues de grandes personnalités au Sénégal voisin et en Guinée : M. Landing Savane, leader du parti And-Jef et actuel ministre d'Etat sénégalais chargé des Mines et de l'Industrie, M. Saidou Sy Sali, ex-ministre de l'Urbanisme et de l'Habitat qui représente Abdoulay Bathili, président de LMDPT, M. Babacar Touré, directeur du groupe Sud Communication et M. Dabo Sanoussi, représentant de l'opposant guinéen Alpha Condé. La cérémonie de démarrage des travaux de ce llème congrès ordinaire (le premier congrès ordinaire avait été organisé le 17 août 1998 alors que l'UFP s'appelait encore l'UFD/B et un congrès mais extraordinaire ayant été tenu à la fin 1997 suite à la scission de l'UFD/EN pour renouveler les instances du parti], sera marquée par la lecture du rapport moral du président de l'UFP, M. Mohamed Ould Maouloud dans lequel il détaillera en cinq points les conditions particulières à la fois au plan international, sous-régional et national, dans lesquels se tient ce congrès.
Les USA, la Chine, le terrorisme, la CEDEAO, l'UMA, le Sahara Occidental, ...
Saluant"au passage"la mémoire de ses camarades disparus depuis le précédent congrès, notamment Mouhamdy Ould Abeidarrahmane et Diop samba et s'incli-nant devant la mémoire du président Mokhtar Ould Daddah, il remerciera pour leur déplacement ses amis venus manifester leur solidarité de pays voisins, puis les représentants des différentes formations politiques, des organisations internationales et des congressistes, avant de commencer par rappeler que le monde étant à la croisée des chemins, son parti avait très tôt discerné "l'émergence des Tigres et des Dragons d'Asie, la gestation de nouveaux pôles comme l'Europe et la possibilité désormais offerte du développement de l'économie de marché et de la démocratie pluraliste dans le monde." Dans une analyse méthodique, pour ne pas dire pédagogique, le Président de l'UFP commencera par s'arrêter tout d'abord aux USA, en indiquant qu'au cours de son premier mandat, " M. Bush, s'ap-puyant sur la puissance économique et la force militaire de son pays, a mené une politique de gestion unilatérale des affaires du monde et de confrontation pour répondre aux questions majeures du moment, n'hésitant pas à courir le risque de plonger le monde dans un nouveau cataclysme : la guerre toujours en cours en Irak en est I une des meilleures illustrations. Le Président de l'UFP soulignera que "pour que le système démocratique soit viable et durable, il doit prendre racine dans la culture et les valeurs des peuples concernés, ces derniers doivent se reconnaître en lui et l'assumer, tout en s'ouvrant aux expériences enrichissantes des autres peuples et en les adaptant a leurs conditions propres. Il n'y a pas de démocratie possible sous l'occupation et à la pointe des canons étrangers comme en Irak. (...) Le Monde ; l'Humanité sont à la croisée des chemins, deux choix se présentant à eux : la gestion et le règlement des affaires mondiales par la confrontation et la loi de la jungle, en s'appuyant sur les rapports de forces économiques et militaires ; ou la démocratisation des relations internationales et le respect des lois les régissant, le recours au dialogue, à la concertation pour parvenir à des compromis qui sauvegardent les intérêts des parties en présence." Au sujet des nouvelles puissances qui émergent, le Président de l'UFP notera que " la montée en puissance de pays et pôles (Chine, Inde, Brésil] dont le poids économique, démographique et technologique exerce une influence certaine sur la configuration des forces à l'échelle mondiale et sur son évolution prévisible est une situation nouvelle. Car, dira Ould Maouloud, " si pour de nombreux analystes, les USA resteront encore pour les années à venir, la seule hyper puissance, il semble également certain que la Chine va devenir la principale puissance mondiale au cours des prochaines décennies. " II étayera cette analyse sur la Chine en soulignant qu'elle a réalisé des performances inégalées dans l'histoire de l'économie de marché et qu'en Asie ce n'est plus autour du Japon mais de la Chine que la solidarité entre les pays s'organise, en se fondant sur leurs intérêts et ceux des peuples de la région. Parlant du terrorisme, M. Ould Maouloud affirmera que c'est " un phénomène ancien qui prend aujourd'hui des formes nouvelles " et qu'il est " inspiré par des groupes extrémistes de diverses obédiences, tendant à violer la libre adhésion des populations et à imposer leur vision du monde par la violence, contre lequel les peuples et les pays doivent s'unir, pour le combattre résolument et l'éradiquer. Pour le déraciner, il faut s'attaquer résolument à son terreau que constitue l'humiliation, l'exploitation et l'oppression des peuples. " Mais le président de l'UFP soulignera qu'il "n'est pas pire terrorisme que celui que l'Etat d Israël exerce contre le peuple palestinien et ceux de la sous-région, avec la compréhension, voire le soutien du gouvernement des USA, en dépit des résolutions des Nations Unies et des lois internationales (l'assassinat des dirigeants palestiniens, colonisation de s territoires, construction de murs de séparation, etc.]. Tout cela jette le discrédit sur le rôle de médiateur impartial attendu des USA." Parlant de la persistance des crises et des aspirations aux changements en Afrique et dans le monde arabe, M. Ould Maouloud affirmera en donnant les exemples de la Côte d'Ivoire et de la République Démocratique du Congo, que ces crises et conflits relèvent d'une crise structurelle en matière de modes de gouvernance. Faisant le rapprochement le Maghreb et l'Afrique de l'Ouest, Ould Maouloud dira qu' "il n'y a pas d'avenir viable pour les pays du Maghreb et de l'Afrique de l'Ouest pris séparément. C'est dans la gestion de leur autonomie collective que réside le salut pour tous et pour chacun d'entre eux. Notre pays a eu tort de quitter la CEDEAO, ses initiatives pour la dynamisa-tion de l'UMA sont en-deçà de ses potentialités." Sur la question du Sahara Occidental, le président de l'UFP soulignera que c'est " un point d'achoppement au niveau du Maghreb " et que l'UFP a toujours soutenu le droit inaliénable du peuple sahraoui à l'autodétermination. Sur la base de la reconnaissance de ce droit, il est possible et nécessaire aux pays du Maghreb d'envisager leur unité et de surmonter leurs différends, par une solution de compromis acceptée par les principaux protagonistes, le Maroc et le Front Polisario."
A propos du dialogue
Troisième grand sujet cie son long rapport de 11 pages, la Mauritanie sera présentée par le président de l'UFP comme connaissant "une situation instable et ouverte à tous les risques" parce que le pays disposant de suffisamment de ressources pour que l'ensemble de notre peuple puisse vivre à l'abri du besoin, la grande majorité des populations vit dans la misère, au-dessous du seuil absolu de pauvreté. " Au sujet de la compétition politique et de l'Etat de droit, Ould Maouloud dira que cette "compétition entre les forces politiques est une question préoccupante dans notre pays. D'une manière générale, le parti au pouvoir et ses alliés, tirant avantage du contrôle du pouvoir d'Etat, exerçant le monopole sur les ressources publiques, soutenus par les hommes d'affaires fortunés, disposent de moyens économiques et financiers au-delà de leurs besoins. L'opposition, par contre, rencontre d'énormes difficultés pour élargir son influence et la consolider : elle est interdite de toute forme de soutien provenant de l'extérieur et ne dispose ni de statut, ni de subventions convenables de la part de l'Etat " Le président de l'UFP rappellera au passage les discussions que son parti a eu avec le président de la République permettant ainsi d'améliorer de manière significative le système démocratique et électoral dans le pays. Abordant l'esclavage et le passif humanitaire, Ould Maouloud notera que l'UFP qui appelle à l'éradication des séquelles et pratiques persistantes de l'esclavage, 'préconise l'élaboration et la mise en œuvre d'un programme économique, social et culturel fondé sur la discrimination positive, la sensibilisation et l'éducation des populations rurales et la ferme répression dans les cas avérés." Quant au passif humanitaire, Ould Maouloud estime que "nous devons, nous Mauritaniens, puiser au plus profond de nous-mêmes, le courage nécessaire pour oser en parler, sans passion ni esprit de revanche, apporter les réparations nécessaires, panser les plaies de ceux qui en souffrent encore et pardonner. L'exemple de l'Afrique du Sud et à un degré moindre celui du Maroc devraient nous inspirer." Avant de conclure son rapport moral, le président de l'UFP mettra longuement l'accent sur l'aspiration générale au dialogue et l'exigence du compromis national en affirmant que tous les acteurs de la scène politique, quelle que soient les nuances, sont unanimes pour prôner le dialogue. Les médias les plus influents, l'ensemble des autres acteurs de la scène publique, sans exception, soutiennent la politique du dialogue et appellent de tous leurs vœux à sa mise en œuvre effective. Les partenaires de la Mauritanie, à travers le PNUD et les chancelleries étrangères, a pris d'heureuses initiatives pour encourager le dialogue entre les forces vives de notre pays." Ould Maouloud dira que "l'UFP a également contribué activement à tourner les esprits vers l'ouverture, avec l'adoption par l'opposition d'une plate-forme pour le dialogue et par un entretien avec le président de la République, elle a contribué à la décrispation, condition sine qua non d'un procès et d'un verdict d'apaisement." En un mot Ould Maouloud se résumera en lançant un vibrant appel à l'ensemble des partenaires, de l'opposition et du pouvoir, pour un sursaut patriotique, à la hauteur des exigences de la situation et des attentes de notre peuple en ajoutant que "l'opinion publique dans son ensemble souhaite vivement la concertation entre l'ensemble des acteurs du pays, pour apporter des réformes profondes au système démocratique, élaborer des modes de répartition équitable des richesses du pays, édifier un véritable Etat de droit, pour esquisser les grandes lignes d'un mode nouveau de gouvernement des affaires du pays." Dans la conclusion de son rapport moral, le président de l'UFP annoncera les principaux axes d'orientation de la politique de son parti dans la période actuelle en soulignant que la première préoccupation de l'UFP "portera sur le maintien et l'approfondissement de la politique du dialogue à l'intérieur et à l'extérieur du pays", notamment par la "recherche et la mise en œuvre de compromis inclusifs, faisant appel à toutes les volontés, venant de toutes les obédiences, chacun selon ses capacités et ses dispositions." M. Ould Maouloud saluera les dispositions réitérées à l'unité et au dialogue de l'ensemble des forces de l'opposition, sans exclusive ainsi que de certains membres de la mouvance présidentielle. "Il nous revient, dira-t-il, également de saluer très sincèrement, depuis que nous sommes engagés dans la politique du dialogue, la disposition du Président de la République à nous recevoir, à nous écouter et à discuter avec nous en toute franchise, de tous nos sujets de préoccupation, toutes les fois que nous en avons fait la demande et en toute circonstance. C'est l'occasion pour nous de reconnaître, solennellement qu'en des moments difficiles pour le pays il a respecté les engagements qu'il a pris lors de ces entretiens.
Des interventions et des débats riches
Passée la lecture de ce rapport moral du président de l'UFP et après la prière du crépuscule, la parole sera donnée aux participants. Ainsi, M. Landing Savane président du parti sénégalais And-Jef, affirmera qu'il vient manifester "son soutien et sa solidarité à son ami personnel Mohamed Ould Maouloud, président de l'UFP", avec lequel il avait milité au MND [mouvement des nationalistes démocrates] d'il y a bien longtemps. "Mon parti a opté pour la politique de dialogue, comme l'UFP, et c'est ainsi que nous avons réussi l'alternance pacifique au Sénégal." Même son de cloche chez Saidou Sy Sali du LMDPT et Dabo Sanoussi qui diront que cette politique du dialogue que leurs partis ont choix chez eux et qu'ils entretiennent d'excellentes relations avec l'UFP. Prenant la parole en tant que membre de la société civile, M. Babacar Touré, président du groupe Sud Communication, dira quant à lui que "plus de trente années de camaraderie militante, de compagnonnage à toute épreuve, d'une amitié fraternelle et véridique, m'autorisent à témoigner de la justesse de votre orientation politique, basée sur la recherche de la vérité dans les faits, la prise en compte de nos réalités propres, le souci de faire progresser la cause du peuple mauritanien, en liaison intime avec celle des peuples du monde, par des moyens pacifiques, civils et civilisés, par la confrontation des idées et des expériences, les vôtres, les nôtres, comme celles observées et analysées à travers le monde devenu multipolaire, malgré les tendances et tentations hégémoniques de quelques superpuissances mondiales et/ou régionales." Prenant à son tour la parole, M. Chbih Ould Cheikh Malainine, président du Front Populaire, saluera l'UFP, s'en prendra à la mauvaise gestion du pays et en dira deux mots sur les USA qui mènent, selon lui une croisade contre le monde arabo-musulman. M. Chbih Ould Cheikh Malaïnine appellera au dialogue et à la concertation entre tous les acteurs politiques du pays. Déjà remarquée par sa présence au nom du PRDS, M. Betrigha Mint Kaber fera une intervention dans laquelle elle reviendra sur la vision patriotique du Président Ould Taya pour la Mauritanie, lui faisant éviter les pires malheurs et la conduisant dans la voie de la démocratie et du modernisme, luttant contre l'analphabétisme et la pauvreté et réussissant de grandes performances économique pour le pays qui est en passe de devenir un pays pétrolier. Elle rappellera dans ce sens les réalisations grandioses du Président Ould Taya qui a toujours été à l'écoute de son peuple et ouvert au dialogue et à la discussion avec les acteurs politiques. Dans son intervention, M.El Khalil Ould Teyib, représentant de l'APP, devait remercier les dirigeants de l'UFP dont il saluera le courage et la volonté et n'oubliera pas de paraphraser G. A. Nasser en insistant sur le nationalisme arabe et l'unité des peuples arabes. A la deuxième journée de travail, vendredi 1er avril, la séance plénière devait permettre l'adoption du rapport moral du président de l'UFP et l'organisation en commissions de travail des congressistes. Un lourd travail qui empêchera le parti de clôturer ce congrès à la date prévue (le samedi 2 avril à 22H). Quoi qu'il en soit, il faut souligner que ce congrès de l'UFP a servi d'avant-première au forum des Valeurs Démocratiques et de la Citoyenneté que le RDU se propose d'organiser les 11 et 12 Avril 2OQ5, en ce sens qu'il a réuni les partis de la Majorité Présidentielle et ceux de la classe politique modérée et radicale. MOHAMED OULD KHATTAT |
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