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  • LA MAURITANIE DANS UN MONDE A LA CROISÉE DES CHEMINS (n° 3611 du mardi 19 avril 2005)

  • Le temps du dialogue (n°3610 du lundi 18 avril 2005)


  • Le temps du dialogue (n°3610 du lundi 18 avril 2005)

    Le 2e congrès ordinaire de l'Ufp a vécu. La cérémonie de clôture officielle s'est déroulée dimanche 03 avril en présence de l'ensemble des délégués, de nombreux militants et invités. Elle a été marquée par la lecture des deux principales résolutions relatives à la situation nationale et à la situation internationale, ainsi que par la présentation des membres des deux bureaux des nouvelles instances élues.

    Dans son discours de clôture, le président du parti a tenu à remercier l'ensemble des congressistes et des invités, en particulier ses compagnons membres du bureau national, en mettant en exergue leur compétence, leur passé glorieux de luttes et de sacrifices, sa fierté de présider aux destinées d'un parti regroupant une élite qui se recrute parmi les meilleurs cadres du pays, représentative des différentes régions et franges de notre société. Aussi apprécie-t-il à sa juste valeur l'ampleur de la responsabilité qui lui incombe. Mesurant ainsi l'importance de cette responsabilité, l'Ufp milite pour " un compromis dynamique ", sur la base d'un dialogue politique national franc et sincère, précisent ses responsables. Ainsi dans son rapport moral, Mohamed ould Maouloud, président de l'Ufp, souligne, parlant de la situation politique de son pays, " analysant les conditions historiques particulières de notre pays, tirant les leçons des crises et conflits qui ensanglantent l'Afrique de l'Ouest, l'Afrique des Grands Lacs et le Moyen-Orient, l'Ufp, tenant compte de la nécessité d'une démocratisation pacifique, des rapports de forces entre le pouvoir et l'opposition, a préconisé et adopté, dès août 1998, la politique de dialogue et de compromis national... " Et d'indiquer clairement la direction qu'a empruntée son parti depuis sa naissance et qu'il compte ne point déroger : " la première préoccupation de notre parti portera sur le maintien et l'approfondissement de la politique du dialogue à l'intérieur et à l'extérieur du pays, dans la mesure de ses moyens. Nous initierons, encouragerons ou serons disposés à participer à toutes démarches qui pourraient être prises dans ce sens par les acteurs de la scène publique ". Le ton était donné. Et les congressistes et leurs invités, deux jours durant, ont planché là-dessus, même s'ils n'ont pas omis de caractériser la situation nationale et internationale, de débattre sur les conditions difficiles dans lesquelles vivent des populations mauritaniennes, sur la situation organisationnelle de leur parti, sur les questions sociétales, notamment le passif humanitaire, l'esclavage et les problèmes de nos colonies à l'étranger, etc. Mais, sans perdre le cap : un dialogue politique franc et sincère pour sortir la Mauritanie de l'ornière.

    Sous le signe panafricain et internationaliste

    Auparavant, la cérémonie d'ouverture s'était déroulée en présence des présidents et des représentants de partis nationaux de l'opposition : MM. Ahmed O/Daddah, président du Rassemblement des forces démocratiques (Rfd), Mohamed Lemire Chbih ould Cheikh Mélaïnine, président du Front Populaire, Dr Cheikh 0/ Horma, président du Parti de la convergence démocratique (Pcd), Elkhalil 0/ Teyeb et Ladji Traoré respectivement vice-président et secrétaire général de l'Alliance populaire progressiste (App), Cissé Amadou Cheikhou dit Mody, secrétaire général de l'Ajd, Yahya ould Mahmoul Ethmane, secrétaire général du Parti de l'union démocratique social démocrate (Puds), Ely Bouha ould Aweïnenna, secrétaire général du Parti travailliste unitaire (Put). De la majorité présidentielle : MM. Ahmed O/ Sidi Baba, Président du RDU, Sangott Ousmane Racine, vice-président de l'Union démocratique populaire (Udp), Mme Betrigha M. Kaber, Secrétaire d'Etat chargée des technologies nouvelles, représentant le PRDS. Des représentants de' la société civile, des personnalités indépendantes, de la presse publique et privée ont été de la partie. Bien plus, l'UFP s'est voulu panafricain et internationaliste. C'est ainsi que plusieurs partis amis et personnalités civiles n'ont été invités à sa rencontre. On notait ainsi la présence de dirigeants et de représentants de partis politiques guinéens et sénégalais : Landing Savane, Secrétaire général d'And Jëf/Parti africain pour la démocratie et le socialisme (Aj/Pads), ministre d'Etat, ministre de l'Industrie et de l'artisanat dans l'actuelle coalition du pouvoir au Sénégal, Seydou Sy Sali, ancien ministre, au nom de la Ligue démocratique/Mouvement pour le parti du travail (Ld/Mpt), représentant le Secrétaire général de ce parti, le Pr. Abdoulaye Bathily, Dabo Sanoussi, membre du comité central du Rassemblement du peuple de Guinée (Rpg) et conseiller spécial du président Alpha Condé. On notait également la présence de Babacar Touré, président du groupe Sud Com.

    Les " Sénégalais " comme d'autres invités du congrès ont chacun, délivré un message aux congressistes lors de la première séance plénière à la suite de la lecture du rapport moral présenté par le président du parti Mohamed 0/ Maouloud. Landing Savane, Seydou Sy Sali, Dabou Senoussi, Babakar Touré, Mohamed Lemine Chbih Ould Cheikh Melainine, Khalil Ould Teyib et Betrigha Mint Kaber ont ainsi lu devant une assistance attentive, leur discours. Le député socialiste français, François Loncle, vice-président de la commission des affaires étrangères à l'Assemblée Nationale et Mohamed El Ikhsassi, membre de la direction de l'Union des Forces Socialistes du Maroc, ont chacun envoyé un message de solidarité tout en s'excusant au préalable de n'assister à ce congrès Dans sa communication, le président du Groupe Sud communication, Babacar Touré, soulignant la nécessité " de se parler et de se comprendre entre acteurs politiques d'une même scène ". dira qu'il s'agit en vérité, " d'amener nos peuples, à comprendre leur environnement, afin d'agir de façon consciente et conséquente, avec pédagogie et retenue, par le dialogue et les concessions mutuelles, pas à pas, avec esprit de suite... " Le patron-journaliste sénégalais, ami et compagnon témoignait ainsi, selon lui de la " justesse de l'orientation politique " de l'Ufp. Les rapports des fédérations du parti, des députés et maires de l'U F P ont suivi le lendemain matin, et se sont poursuivis jusqu'au soir avant d'adopter le rapport moral du président du parti. Les commissions ont ensuite été désignées. La séance plénière en présence de l'ensemble des congressistes a adopté une série de résolutions pour terminer.

    Les congressistes ont par ailleurs, adopté les statuts réaménagés et élu les deux principales instances de leur parti : le bureau national et le conseil national. Mohamed ould Maouloud, rempile.

    Madior FALL

    BUREAU NATIONAL DE L'UFP À L'ISSU DU CONGRÈS

    Président : Mohamed ould Maouloud

    1er vice-président : Bâ Boubacar Moussa

    2e vice président : Mohamed El Moustapha 0/ Bedreddine

    3e vice-président : Daffa Bakary

    4e vice-président: Khalilou O/Deddé

    5e vice-présidente : Kadiata Malick Diallo

    Conseil national

    Président : Sy Mamadou Hamady

    1e vice-président : Samba Dicko

    2e vice-président : Yahya 0/ Oumar

    3e vice-président : Seck Cheikh

    4e vice-président : Abou Mborom Guéladio

    5e vice-président Oumkhelzoum M/ Cheikh


  • LA MAURITANIE DANS UN MONDE A LA CROISÉE DES CHEMINS (n° 3611 du mardi 19 avril 2005)

Freiner la paupérisation et réduire la fracture sociale

La Mauritanie possède des atouts décisifs pour assurer à sa population relativement peu nombreuse le développement économique et le bien être social. Mais la réussite de ces objectifs salutaires est rendu impossible, tant que des solutions viables ne sont pas apportées aux contradictions fondamentales qui divisent aujourd'hui les Mauritaniens

Dans son rapport moral et d’activité au 2e congrès ordinaire de son parti, l’Ufp, Mohamed Ould Maouloud met en relief cette situation « dans un contexte de globalisation et de la fin de la guerre froide et de la rivalité des superpuissances…. »

« (…) Nous n’avons pas manqué de discerner l’émergence des Tigres et des Dragons d’Asie, la gestation de nouveaux pôles comme l’Europe et la possibilité désormais offerte du développement de l’économie de marché et de la démocratie pluraliste dans le monde », souligne Mohamed Ould Maouloud dans son rapport moral en constant que le monde était à la croisée des chemins.

Analysant la situation de son pays dans ce contexte global, le président de l’Ufp trouve que la Mauritanie « connaît une situation paradoxale : il dispose de suffisamment de ressources pour que l’ensemble de notre peuple puisse vivre à l’abri du besoin, mais la grande majorité des populations vit dans la misère, au-dessous du seuil absolu de pauvreté… »

En effet, selon lui, l'unité nationale reste sous la menace des plaies mal soignées résultant des graves crises 1989-1991. La cohésion sociale est dangereusement menacée par l'aggravation des inégalités et l'extension de la pauvreté. L'aspiration à la justice et à un ordre fondé sur le droit s'amplifie à un degré sans précédent, au moment où l'État, par ailleurs pris d'assaut par les fléaux des malversations, de la corruption et du népotisme, accepte de moins en moins de se soumettre lui-même aux décisions de justice et de promouvoir le droit. « S’il en est ainsi c’est parce que les richesses nationales sont mal gérées et mal réparties, demeurant le monopole de certaines catégories sociales minoritaires qui les détournent, les dilapident et en privent la grande majorité de notre peuple. Sous le prétexte du libéralisme, les consommateurs sont livrés au diktat de monopoles privés et d’ententes illicites… », indique le président de l’Ufp.

AMÉLIORER LE PROCESSUS DÉMOCRATIQUE

« La compétition entre les forces politiques est une question préoccupante dans notre pays », souligne Mohamed Ould Maouloud s’adressant aux congressistes. Au motif : La fraude électorale et le parti pris de l'administration ont conduit à exclure pratiquement l'opposition des institutions représentatives et à décrédibiliser l'expérience démocratique tout en fragilisant davantage l'État. Cette situation interpelle tous les Mauritaniens sans distinction de condition sociale ou d'opinion politique, fait-il remarquer. Les réponses risquent d'intervenir dans un contexte international et africain marqué par les déséquilibres de tous ordres, l'instabilité voire le chaos et à un moment où des foyers de tensions au nord et sud de notre pays menacent d'embraser la sous-région, trouve-t-il. Puisque le contexte est dangereux, il y a lieu d'anticiper le changement nécessaire pour être à même de le consolider. « Nous pensons justement qu'il est maintenant temps de donner à cette approche positive un fondement substantiel ». Dans cet esprit, « l’établissement d’un Code de conduite entre acteurs de la scène publique, la définition d’un statut de l’opposition, l’amélioration du système démocratique et du régime des élections, l’accès équitable aux médias publics et aux autres institutions relevant du domaine public, (…) pour une démocratie apaisée et inclusive», et la pérennisation d’un Etat de droit, note-t-il.

L’Ufp, analysant les conditions historiques particulières de la Mauritanie, tirant les leçons, indique Mohamed Ould Maouloud, des crises et conflits qui ensanglantent l’Afrique de l’Ouest, l’Afrique des Grands Lacs et le Moyen-Orient, prône le dialogue et le compromis national. « L’opinion publique dans son ensemble souhaite vivement la concertation entre l’ensemble des acteurs du pays pour apporter des réformes profondes au système démocratique, élaborer des modes de répartition équitable des richesses du pays, édifier un véritable Etat de droit ».

Un monde à la croisée des chemins

Auparavant, Mohamed Ould Maouloud est ses camarades analysant le contexte mondial à la lumière de la globalisation, ont estimé que la planète terre était à la croisée des chemins. Car, si « au cours de son premier mandat, Georges Bush, s’appuyant sur la puissance économique et la force militaire de son pays a mené une politique de gestion unilatérale des affaires du monde (…) Et si du fait de son isolement international et de son embourbement en Irak et en Afghanistan, Bush semble au cours de son second mandat, avoir apporté un bémol à la politique extérieure aventuriste de son premier mandat… » Ainsi, l’humanité « toute entière est à la croisée des chemins, deux choix se présentant à elle : la gestion et le règlement des affaires mondiales par la confrontation et la loi de la jungle … » Et le président de l’Upf de trouver que nouvelles puissances sont en train d’émerger. Parmi celles-ci : la Chine. « La Chine a réalisé des performances inégalées dans l’histoire de l’économie de marché », indique-t-il. L’exemple chinoise, japonaise et des Dragons de l’Asie l’aideront à étayer sa théorie. Pour arriver à la conclusion que « ces nouvelles données de la situation internationale imposent un approfondissement de la vision du monde et de son devenir… »

Madior FALL



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